23 avril 2006
RÉPONSE PRÉSIDENTIELLE
Le 14 avril 2006
Monsieur le Président,
Votre correspondance est bien parvenue au Président de la République.
Chargé de vous répondre, je puis vous assurer que votre démarche a été signalée au Ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et au Ministre de la Culture et de la Communication, que vous avez directement saisis et qui vous informeront de la suite susceptible de lui être réservée.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma considération distinguée.
Gérard Marchand
(Chef adjoint de Cabinet)
31 mars 2006
LE VIN N'EST PAS CULTURE...
...Du moins si l'on en croit le Ministère concerné. Témoin, cette lettre reçue récemment en réponse à la nôtre. Elle émane du Chef de Cabinet du Ministre de la Culture et de la Communication :
Monsieur le Président,
Vous avez sollicité une audience auprès de Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la culture et de la communication, afin de lui présenter votre projet de créer une journée culturelle nationale sur le thème du vin pour lequel vous souhaitez le partenariat de son ministère.
Monsieur le Ministre a pris connaissance de votre correspondance avec intérêt et m'a chargé de vous faire savoir que malgré tout l'intérêt que présente votre proj et cette manifestation n'entre pas dans le champ de compétence de son ministère. Aussi, je vous engage à prendre l'attache du ministère de l'agriculture et de la pêche (78, rue de Varenne 75700 Paris; tél. : 01 40 56 60 00).
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
Jean-Marie Caillaud
Alors, que faut-il en penser ???
Étant Président, il me revient de réagir. Dois-je adresser une lettre pour un RV auprès du Ministre de l'Agriculture qui vient d'autoriser les "chips" de chêne pour aromatiser nos chers crus ? J'attends vos suggestions. L'Éducation et la Présidence de la République n'ont pas encore répondu à nos courriers. Il est vrai que, comme leur collègue de la Culture, ils ont fort à faire ces jours-ci...
Michel Smith
10 mars 2006
LETTRE AU MINISTRE DE L'ÉDUCATION
Monsieur le Ministre,
Vous n’êtes pas sans ignorer que le monde du vin traverse une grave crise, due à plusieurs causes.
Nous
constatons que le vin est souvent montré du doigt comme l’une des
causes de l’alcoolisme, mais, rarement, nous entendons, de la part des
Pouvoirs Publics des discours positifs sur le vin.
Pourtant, consommé avec modération, c’est un excellent aliment dont la médecine a prouvé, depuis longtemps, les bienfaits.
Pour que le consommateur apprenne à bien boire le vin, cela passe par l’information.
Or,
il n’y a aucune information sur le vin dans les milieux scolaires et,
dans Lycées Hôteliers qui forment ceux qui nous servent au restaurant,
seuls les établissements avec une section sommellerie bénéficient de
cet enseignement.
Pourtant, bon nombre de restaurants qui servent
du vin n’ont pas de sommeliers, ce sont les maîtres d’hôtel, simples
serveurs ou apprentis auxquels cette tâche est dévolue.
Des
vignerons, responsables viticoles, journalistes, cavistes, sommeliers,
restaurateurs ou simples amateurs, se sont associés au sein du Parti
d’En Boire qu’ils ont créé pour faire entendre une autre voix que celle
de la sanction et de l’interdit qui nous asphyxient.
Pour ce faire, nous vous demandons d’inscrire dans les programmes scolaires des Lycées Hôteliers, au moins deux heures par semaine de cours sur le vin
qui, nous vous le rappelons, représente un pan non négligeable de notre
économie et une partie conséquente du chiffre d’affaires des
restaurants.
Il nous paraît donc extrêmement important que celui-ci soit servi dans les bonnes conditions.
Mais, cela ne suffit pas. Bon nombre de restaurants font appel à du personnel qui n’a pas été formé dans les écoles hôtelières.
Les
jeunes boivent de la bière ou des boissons alcoolisées servies dans les
lieux de nuit, autrement plus dangereuses que le vin.
Il nous paraît donc indispensable que le vin soit enseigné au Lycée et, pour ce faire, nous des vignerons sont prêts, au moins une fois dans l’année, à venir parler de leur métier en milieu scolaire. Interventions à intégrer dans le programme en accord avec les proviseurs.
Voilà,
Monsieur le Ministre, nous pensons que ces mesures constituent l’une
des voies pour que la consommation modérée passe par l’information et
pas seulement par l’interdiction.
LETTRE AU MINISTRE DE LA CULTURE
Monsieur Le Ministre,
Depuis
la plus Haute Antiquité, la vigne occupe une place importante dans
notre pays. Elle façonne nos paysages, elle fait la richesse de la
France.
Au cours des dernières années, malgré la grave crise que
connaît ce secteur, de nombreux jeunes “bourrés de talent”, sont
revenus à la terre, créant des vins remarquables pour notre plus grand
plaisir !
Alors qu’il n’y a jamais eu autant de bonnes
bouteilles dans l’Hexagone, le buveur de vin est devenu triste. Il se
replie sur lui-même et se cache presque pour apprécier en paix le
breuvage de Bacchus. Les différentes publicités des ligues anti-alcool
le culpabilisent. Certes l’abus d’alcool est dangereux pour la santé
mais ce ne sont malheureusement pas les buveurs d’alcools durs qui
diminuent leur consommation. Ce sont les amateurs de bons vins qui ont
rarement dépassé 3 verres par jour.
A cette baisse de la
consommation, due au sentiment de culpabilité, s’ajoute une forte
concurrence étrangère. Les vins du Nouveau Monde ont conquis le marché.
Le
Parti d’En Boire, qui réunit des vignerons, responsables viticoles,
journalistes, cavistes, sommeliers, restaurateurs ou simples amateurs,
suggère la création d’une journée culturelle sur le thème du vin,
inspirée de la fête de la musique ou des Journées du Patrimoine. Cette
journée permettrait de créer une saine émulation dans le monde viticole
et de faire passer l’idée que le vin est un produit culturel au même
titre que la musique, l’architecture, la peinture....
Nous
pensons que cette journée culturelle constituerait l’une des voies pour
que la consommation modérée passe par l’information et non pas
seulement par l’interdiction. Nous sommes à votre disposition pour vous
rencontrer afin de vous exposer plus en détails notre idée.
LETTRE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Monsieur Le Président de La République,
Il
nous paraît extrêmement dangereux de continuer à montrer le vin du
doigt sans faire état de ses côtés positifs. Le monde du vin souffre
gravement en ce moment.
Des vignerons, cavistes, restaurateurs,
responsables viticoles, journalistes... qui vivent du vin et qui donc
créent des emplois, se sont réunis au sein du Parti d’En Boire pour
faire des propositions constructives.
Nous constatons, en effet,
que les pouvoirs publics font très peu (ou rien) pour informer le
consommateur des risques que prennent ceux qui boivent régulièrement
une boisson gazeuse au goût pharmaceutique particulièrement lorsqu’elle
est associée à la consommation de hamburgers frites ? Qui va payer ce
que coûteront les maladies graves, voire mortelles, d’une population de
plus en plus menacée par l’obésité ? Ceux qui fabriquent ces produits
dangereux seraient-ils plus puissants que la filière viticole pour
continuer à nous « matraquer » avec leur publicité en toute impunité ?
La
France qui, dans le monde entier, incarnait l'harmonie entre l'homme et
la nature (un proverbe allemand dit bien : "être heureux comme Dieu en
France") première destination touristique au monde, reconnue pour sa
gastronomie et son art de vivre, traverse une très grave crise : celle
du vin.
Cette crise est née de l'obsession hygiéniste de
certains élus et du Ministère de la Santé Publique qui se sont mis en
tête - sans en avoir le mandat - de gommer méthodiquement la
distinction millénaire qui démarque le vin - boisson naturelle,
conviviale et jouissive - des alcools et autres drogues. Ces gens
pensent que nous - citoyens - avons perdu le sens de la mesure.
Et
donc - au nom de valeurs "nouvelles" : la sécurité, la lutte contre les
comportements à risque, la protection des individus, ils s'attaquent au
vin.
Ils font semblant d'ignorer que la France est championne
d'Europe de la consommation de tranquillisants et de somnifères et que
15 % des Français conduisent après avoir pris des médicaments
psychotropes. Nos « vignerons » offrent naturellement moins de
résistance aux Pouvoirs Publics que la fédération internationale des
laboratoires pharmaceutiques.
Dans le même registre, on fait
semblant d’ignorer que c'est la consommation d'alcools - forts et
importés - qui est à l'origine de la plupart des accidents mortels la
nuit. Nous n’avons jamais vu un groupe de jeunes demander du vin dans
les boîtes de nuit. C’est pourtant à la sortie de ces lieux de fête
qu’il y a le plus d’accidents.
Alors que les universités
américaines ont prouvé, au travers d'études réalisées sur le thème du «
french paradox », que la consommation de vin est un atout en terme de
santé publique, alors que ces mêmes chercheurs ont identifié l'un des
secrets de l'espérance du vie comme étant les polyphénols du vin, les
élus français se lancent dans une politique de prohibition.
Alors
que le tourisme viticole se développe en Australie, ou dans la Nappa
Valley, en France, on sabote méthodiquement ce qui fait le charme et la
renommée de notre pays dans le Monde.
L'Espagne a institutionnalisé, par décret, le 10 juillet 2003, le vin comme aliment.
Les
premières lignes du décret sont les suivantes : « Le vin et la vigne
sont indissociables de notre culture. Depuis l'aube de l'humanité,
depuis qu'il a commencé à dessiner, l'Homme s'est représenté une jarre
de vin à la main, sur les fresques égyptiennes, les amphores grecques,
les mosaïques romaines ».
La position de l'Espagne ou du Nouveau
Monde consiste à intégrer le vin dans le codex alimentarius et
considère le vin comme vecteur et richesse de leur société. La France
est rentrée - à l'opposé - dans une obsession hygiéniste qui préfère la
répression à l'information et à la prévention. La France semble avoir
oublié que les vignerons sont garants d’un patrimoine paysager.
Il
y a donc urgence à réfléchir sur une consommation modérée qui passe par
l’information car la répression, c’est bien connu, fait peur. Et la
peur est destructrice.
Nous demandons donc au Ministère de
l’Education Nationale d’intégrer l’information sur vin dans
l’enseignement et au Ministère de la Culture, la création d’une journée
culturelle nationale sur le thème du vin. Nous espérons que vous
accorderez la plus grande attention à notre démarche.
