23 avril 2006
RÉPONSE PRÉSIDENTIELLE
Le 14 avril 2006
Monsieur le Président,
Votre correspondance est bien parvenue au Président de la République.
Chargé de vous répondre, je puis vous assurer que votre démarche a été signalée au Ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et au Ministre de la Culture et de la Communication, que vous avez directement saisis et qui vous informeront de la suite susceptible de lui être réservée.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma considération distinguée.
Gérard Marchand
(Chef adjoint de Cabinet)
13 avril 2006
Un vigneron Alsacien...
Le bien connu, bien aimé et bon vivant Seppi Landmann s'exprimait, dans sa lettre d'information datée de Noël 2005, sur un sujet qui nous touche, celui de la fête. Je trouve en effet scandaleux que l'on puisse envisager de capituler en annulant des fêtes traditionnelles autour du Vin. Il doit y avoir plus d'une idée à inventer, pour que de telles fêtes se déroulent dans la bonne humeur en empêchant que des pochtrons viennent troubler leur bon déroulement. Organiser par bus des rapatriements aux centres des villes voisines pour ceux qui ont décidé de faire la fête en laissant leur véhicule au garage me paraît être de l'ordre du possible.
Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager cette première lettre qui, bientôt, sera suivie d'une autre... Michel Smith
Cette année quand mes collègues vignerons de Soultzmatt, découragés par l'ambiance et les réglementations de plus en plus prohibitionnistes de notre société, ont décidé avec amertume l'arrêt de la fête du village du 1er samedi du mois d'août qui, depuis 17 ans, s'appelait la Nuit des Grands Crus du Zinnkoepflé, j'ai essayé de cerner cette sinistrose languissante et ce découragement profond qui envahissent et ternissent notre pays et qui font des ravages, en général, mais particulièrement dans le monde viticole.
A l'analyse, il n'y a pas d'invasion venue d'ailleurs, mais une implantation insidieuse du mal été orchestrée à petits feux par nos édiles voulant imposer leur manière de voir le bonheur au peuple.
Les choses se seraient mieux passées si les gouvernements successifs avaient réussi à dynamiser l'économie de notre pays et à réduire le chômage. Mais apparemment, ce n'est pas leur spécialité et, bien au contraire, dans le domaine de la vigne et du vin, ils se sont acharnés sur fond d'idéologie anti-alcoolique à condamner irrémédiablement aux friches au moins un tiers du vignoble français et cela à très court terme.
Bientôt, ces dégâts, dans cette partie de l'agriculture exceptionnellement prospère, assurant autant d'emplois que l'industrie automobile et l'aéronautique réunie et ramenant des milliards de devises, laisseront un vignoble français éventré, paupérisé et subventionné de tous bords.
De plus la mort de chaque vigneron entraînera sept autres corps de métier dans sa chute.
Quelles seront les régions viticoles, incrédules, abattues et aigries qui passeront à la révolte ? Et dans quel but dans ce monde chahuté et incertain de partout ?
Pour l'Alsace, la situation du marché est encore fort enviable. L'originalité, le fruité, les cépages du vin d'Alsace résistent plutôt bien à la concurrence des vins étrangers. Cela n'empêche pas les Alsaciens de sentir la pression de cette affolante et galopante surproduction mondiale des vins de l'ordre de 25% venant de pays où les règles de production sont quasiment inexistantes et les frais de production sans comparaison aux nôtres.
Et pourtant, nous exerçons un métier merveilleux qui fait rêver beaucoup de personnes et surtout ces 20% de Français (et de plus en plus les étrangers) qui boivent encore régulièrement du vin. Aussi, je suis toujours ému quand j'accueille pour les vendanges du week-end ces oenophiles et ces gastronomes de toute l'Europe sinon du Monde entier, souriants et heureux, qui viennent s'immerger quelques heures dans la belle nature de la Vallée Noble et dans la pratique de la récolte avec la sélection des raisins et les tries des grappes atteintes de pourriture noble.
Là, les mots amitiés, convivialité, fête, existent toujours, même si dans le contexte actuel on ne peut plus faire la fête comme avant. On commence d'ailleurs à s'en rendre compte et cette cassure à mon sens irréparable, a pour la première fois cette année fait l'objet d'un titre interrogateur dans la presse alsacienne au moment de la mythique Foire aux Vins de Colmar la fête et le vin : "un mariage menacé ?"La réponse est bien sûr franchement oui, quelles que soient les rhétoriques insidieuses développées pour expliquer les choses et tourner autour du pot. Ceci dit, je reste toujours amusé et interpellé de voir le comportement de certains conducteurs grands défendeurs des lois actuelles sur l'alcoolémie au volant et qui, après avoir goûté aux plaisirs du relâchement, rentrent chez eux en roulant prudemment bien sûr par les petites routes de campagne, mais restant persuadés que se sont les autres qui sont des dangers publicdangers dangers publics à punir au premier rond point de service.
03 avril 2006
MODÉRATION, QUAND TU NOUS TIENS...
J'écris sur le vin et je signe mes articles. Souvent, je suis heureux de pouvoir les contempler dans les magazines qui m'accueillent. Un peu de mégalo peut-être, mais surtout le besoin de contrôler, de vérifier si ce que j'ai dit est bien passé. L'autre jour, je regarde un peu plus en détail le sommaire de Balades Gourmandes où mon article sur le Jurançon est signalé. Et sous le nom de l'auteur, cette horrible mention : "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Est-ce légal ? Est-ce nécessaire ? Est-ce si utile que ça, dans une revue de tourisme même gourmand, d'avoir à préciser une telle chose ? Nos responsables de presse ne font-ils pas un peu de zèle ? Même chose dans le magazine Saveurs où je relis un article sur le Muscadet. En bas à droite, certes en caractères miniatures, mais suffisamment visibles, la même mention mise en garde figure sur la double page qui décrit mes bonnes adresses vigneronnes. Peu avant, un magnifique et très appétissant sujet sur le millefeuille ne comporte aucune mise en garde sur son éventuel abus... Cela me rappelle une petite anecdote : j'ai piqué une saine colère lors du dernier salon des Vins de Loire à Angers. Un éminent vigneron de Bourgueil, dont je tairais le nom par charité chrétienne, me glissa sa carte de visite sur laquelle il inscrivit son mail. Sous son adresse, on pouvait lire la maudite phrase : "L'abus est dangereux à consommer avec modération" (sic) ! Après l'avoir copieusement engueulé, j'éclatais de rire en relisant la phrase. "Tu te rends compte, lui dis-je, tu risques la prison car tu incites les gens à boire beaucoup puisque tu leur dis que c'est dangereux de boire avec modération !" Le gars est devenu aussi rouge que son 2003. Il a rayé la mention d'un coup de stylo vengeur et m'a juré qu'il prendrait sa revanche en me faisant subir une dégustation complète de vieux millésime dans sa cave. Et sans aucune modération.
Que cette "modération" soit imposée sur les publicités, OK, telle est la loi. Mais sur les articles de presse et sur les cartes de visite... Quelqu'un, qui sais-je un avocat, peut-il éclairer notre lanterne ?
Michel Smith
